Table ronde cuisine - Saison 6

on 2 octobre 2012. Posted in Table ronde

La cuisine se porte bien ! Elle enregistre une croissance exceptionnelle de 6 % en 2011 et s’apprête à devenir le deuxième segment du meuble. Le chiffre d’affaires de l’encastrable progresse lui de 4,7 %. Pourtant, cette progression ralentit en début d’année et l’augmentation des matières premières n’arrange rien. La distribution et les industriels s’interrogent. Car, le marché se bipolarise, le prix moyen du GEM baisse, les outils du commerce évoluent et les acteurs doivent imaginer de nouveaux modèles de développement. Lesquels et comment ? Quels sont ces défis qui attendent le secteur de la cuisine ?

La cuisine retrouve l’appétit

Photo de groupe

mjn









Marie-José Nicol
Rédactrice en chef du magazine
Cuisign Aquadéco


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Marie-José Nicol (Cuisign Aquadé­­­co) : Nous accueil­lons à notre table ronde annuelle, un nombre croissant de participants venus s’entretenir des grandes questions qui interrogent l’univers de la cuisine. Commençons tout d’abord par rappeler que l’encastrable connait une croissance en valeur de 4,7 % et de 5,5 % en volume. Sur le marché du meuble, les segments de la literie et de la cuisine enregistrent de très bonnes performances. Comment le marché du mobilier de cuisine a-t-il évolué au cours de l’année 2011 et comment son activité s’est-elle développée au cours du premier trimestre de l’année 2012 ?

Stéphane Larue (IPEA) : Le marché du meuble de cuisine enregistre pour l’année 2011 un chiffre d’affaires de 2,423 milliards d’euros, en croissance de 6 %. Il correspond à 24,6 % de la valeur du marché du meuble. En progression quasi constante depuis 12 ans, le segment de la cuisine ne représentait que 18 % des ventes de mobilier en 2000. La cuisine pourrait bien devenir le deuxième segment du marché du meuble en 2012.

Marie-José Nicol (Cuisign Aqua­déco) : Pourtant, le meuble de cuisine a aussi connu des années difficiles et enregistrait parfois même un recul de son activité ?

Stéphane Larue (IPEA) : Effectivement, les années 2002 et 2009 ont été des années peu favorables au cours desquelles l’ensemble du marché du meuble a souffert. Nous avions alors relevé un chiffre d’affaires en baisse de 5,2 % en 2002 et de 2,6 en 2009. Mais depuis 1999, le meuble de cuisine demeure clairement le principal moteur du marché du meuble. En 2011, sur une croissance de 2,5 % enregistrée par le marché global du meuble, 1,4 point provient exclusivement de la cuisine. Concernant la distribution, les spécialistes cuisine connaissent sur les dix dernières années une progression annuelle moyenne de 4 %. Elle a été particulièrement forte en 2011, puisqu’elle atteint 6,6 %. D’après les résultats du premier trimestre de l’année 2012, la cuisine reste un vecteur de croissance pour le marché du meuble. Mais sa progression s’est ralentie et est inférieure à 3 % sur les 4 premiers mois 2012. Cette baisse se fait davantage sentir sur le circuit de la grande distribution.

Jean-Charles Vogley (FNAEM) : La croissance de la cuisine reste supérieure à celle des autres familles de produits de l’ameublement. Cependant, les résultats du premier trimestre ont été effectivement très erratiques. Les mois de février et de mars ont été faiblement satisfaisants. Puis à partir du mois d’avril, l’arrivée du printemps et des beaux jours nous a permis de redresser notre activité.

Pascal Raulot (SNEC) : Nos adhérents cuisinistes ont enregistré de bons résultats au cours du premier trimestre de cette année. Cependant, nous observons un ralentissement de cette progression à partir du mois de mars, causé par un tassement des ventes des appareils électroménagers et une baisse importante de la fréquentation en magasins. La période entre le mois de mars et avril a donc été nettement moins profitable à notre secteur pour l’ensemble des différentes régions françaises.

Marie-José Nicol (Cuisign Aqua­déco) : Quels sont les résultats de la production française de meuble de cuisine et comment se porte le commerce extérieur ?

Stéphane Larue (IPEA) : D’après l’INSEE, la production de meubles de cuisine réalisée sur notre territoire se monte à 928 millions d’euros en 2010. Cela correspond au quart de la production de meubles domestiques produite en France. C’est un des seuls segments où la progression est aussi soutenue. Elle se maintient à 5,5 % en 2010, en 2011 et au cours du premier trimestre de l’année 2012. Le commerce extérieur de meubles (et de la cuisine) se caractérise par une forte hausse des importations et une baisse des exportations en 2010.