FagorBrandt

Écrit par Administrateur on 27 mars 2014. Posted in Faits et gestes

20140326 fagorbrandtLes nuages s'accumulent

Les 1 800 salariés de FagorBrandt ne verront pas le bout du tunnel jeudi. Le tribunal de commerce de Nanterre devrait décider de reporter encore l'examen du dossier, afin de laisser au repreneur algérien Cevital un ultime délai pour racheter les marques du fleuron français de l'électroménager. L'administratrice judiciaire de FagorBrandt, Me Hélène Bourbouloux, a annoncé mercredi aux élus du comité central d'entreprise (CCE) qu'elle demanderait jeudi au tribunal d'attendre jusqu'au 10 avril pour statuer sur le sort de l'entreprise, en redressement depuis novembre. Depuis le 13 février, le tribunal a déjà repoussé par trois fois l'examen des offres de reprise.

FagorBrandt est au bord de la liquidation et un nouveau délai donnerait une dernière chance à l'offre de Cevital, la seule d'ampleur, d'aboutir. La proposition du conglomérat algérien permettrait de sauver 1.200 emplois sur 1.800. Elle est sur la table depuis deux mois déjà mais il manque toujours à Cevital l'essentiel: les marques (Brandt, Vedette, Sauter, De Dietrich...) faisant la valeur de FagorBrandt. Le sauvetage du fabricant est depuis le début compliqué par le fait que ces précieuses marques sont détenues par une autre filiale, irlandaise, du groupe espagnol Fagor, lui-même en faillite. Cevital propose 25 millions d'euros à Fagor pour acquérir les marques: pas assez pour le tribunal de commerce de Saint-Sébastien, en Espagne, qui a rejeté le 14 mars la proposition du groupe algérien. Cevital a déposé mardi un recours en Espagne. Son issue est "en principe" attendue entre le 7 et le 11 avril, selon Christian Legay (CFE-CGC). "Mais avec la justice espagnole, on ne sait jamais", précise le délégué, échaudé par les aléas de procédure à l'origine déjà des précédents reports. Lors du CCE, les représentants de Cevital "ont expliqué qu'ils avait déposé un dossier très étayé pour justifier que les marques valent 25 millions d'euros et pas plus", selon M. Legay. - 'Attendre encore quinze jours' - Le recours "montre que Cevital ne lâche pas prise, c'est rassurant", estime le représentant syndical "mais Issad Rebrab (le président de Cevital) n'a pas envie d'être tondu. Il n'entend pas remonter son offre". Selon Philippe Breger, secrétaire CGT du CCE, Cevital a "assuré qu'il prolongeait jusqu'au 10 avril son offre de reprise", initialement limitée au 30 mars. "L'administratrice a dit que nous avions la trésorerie suffisante jusqu'au 10 avril", rapporte-t-il. De fait, le régime de garantie des salaires (AGS) pourrait être sollicité pour payer les salaires du mois d'avril. Depuis le 17 mars, faute d'argent pour passer commande aux fournisseurs, la production est de nouveau arrêtée dans les quatre usines situées à Orléans (Loiret), Vendôme (Loir-et-Cher), La Roche-sur-Yon et Aizenay (Vendée), et les salariés au chômage technique. "La production est arrêtée, la direction serre les freins partout pour nous permettre de tenir quinze jours de plus", constate M. Legay. "Cela va être dur de préparer les gens à attendre encore 15 jours", souligne le représentant de la CFE-CGC, "mais il n'y a pas le choix. Sinon c'est la liquidation". Sans certitudes sur leur avenir depuis novembre, les salariés sont "fatigués", "c'est usant, c'est long", confiait mercredi son collègue de la CGT M. Breger. L'offre de Cevital est la plus importante des trois officiellement déposées à ce jour. Les deux autres portent sur les usines de Vendée que Cevital n'entend pas conserver. Elles permettraient de sauver 150 à 200 emplois de plus. L'une émane d'une entreprise locale de plasturgie, Variance Technologie. L'autre projet, de l'entreprise New Deal Conversion, prévoit de reconvertir le site d'Aizenay dans la déconstruction de voitures. Un quatrième projet a été évoqué mercredi en CCE pour La-Roche-sur-Yon mais il n'a pas fait l'objet d'offre formelle. Le président UMP du Conseil général de Vendée, Bruno Retailleau, a écrit mardi au président François Hollande pour lui demander de "s'impliquer personnellement dans ce dossier" afin de "ne pas laisser à l'écart les deux sites vendéens et les 450 salariés qui en dépendent".