Fiscalité, France VS Allemagne

Écrit par Laurent Feneau on 11 janvier 2012. Posted in A la découverte

Dans les locaux parisiens d’“Entreprises & Progrès”, Henri Lagarde* présentait le 22 novembre dernier les aberrations de la fiscalité française par rapport à ses voisins de l’UE (l’Allemagne notamment) et ses conséquences désastreuses sur la compétitivité de l’industrie de l’Hexagone.

Quelques vérités qui dérangent… et chronique d’une mort annoncée

Henri Lagarde

On parle souvent des différentiels de culture ou de grands agrégats macroéconomiques entre la France et l’Allemagne afin de justifier le déclin de la compétitivité industrielle de l’Hexagone par rapport à nos cousins d’outre-Rhin. Mais les études sur la question sont toujours menées d’un point de vue macroéconomique. Henri Lagarde apporte sur ce point un nouveau regard sur le grand écart industriel franco-allemand en privilégiant l’approche microéconomique, c’est-à-dire celle d’entreprises clairement identifiées. Dans son dernier ouvrage « France-Allemagne, du chômage endémique à la prospérité retrouvée », présenté au public le 22 novembre dernier dans le cadre d’une brillante conférence dans les locaux du think-tank “Entreprises & Progrès”, le chef d’entreprise multiplie ainsi les exemples récents expliquant l’accélération de l’effondrement de la compétitivité française, conduisant en 30 ans, de 1980 à 2010, les emplois industriels à chuter de 26,3 à 12,9 % des emplois, chute record en Europe.

Livre France-Allemagne , Du chômage endémique à la prospérité retrouvéeDélocalisation & imports en masse

Depuis quelques années, de nombreux indices témoignent effectivement d’une accélération de l’effondrement de l’industrie française, y compris dans des domaines qui semblaient résister jusqu’alors. Ceci est par exemple vrai pour le secteur de l’industrie automobile. « En 2005, Renault produisait 2,2 millions de voitures particulières, dont 47,5 % en France. En 2010, sa production a atteint 2,5 millions de véhicules, mais la part fabriquée en France a chuté à 19,6 % », confirme ainsi Henri Lagarde. Idem pour Peugeot, qui était déjà descendu à 34 %, et dont le Président, Philippe Varin vient récemment d’annoncer que la production de 300 000 voitures serait délocalisée en République Tchèque… tandis que les Allemands ont, en 2010, encore produit 48 % de leurs voitures en Allemagne, en dépit de leurs ventes record en Chine, au Brésil et aux USA. Pour les équipementiers, les choses sont souvent pires; ainsi 13 millions de batteries étaient produites chaque année dans 5 usines en France en 2007, et il n’en reste en 2010, 3 ans plus tard seulement, qu’une, franco-française, de 800 000 pièces et en dépôt de bilan ; les multinationales ayant délocalisé leur production sur Hambourg en Allemagne, Pologne et Espagne. Le secteur agricole n’est pas épargné… La preuve : à certaines périodes le leader français et mondial des fromages aurait importé jusqu’à 50 % de son lait de Hollande et d’Allemagne. Il en va de même pour la viande hachée bovine, la viande de porc ou le poulet désormais importés d’Allemagne et du Danemark pour 25 % au moins, pour les asperges (importées à 90 % notamment... d’Allemagne !), les sapins de Noël, etc. « On invoque souvent la réputation et les performances de la technologie allemande pour expliquer la supériorité de son industrie sur celle de la France, mais comment justifier en l’espèce ces importations alors que l’avance technique de l’Allemagne en matière de produits agricoles de base est absolument inexistante ? », interroge l’ancien PDG du groupe Thomson Electroménager.

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